Recrutement : pourquoi les petits cabinets sont jugés sur leurs échecs

Dans le recrutement, tous les cabinets n’évoluent pas sous les mêmes règles.
Et surtout, ils ne sont pas jugés de la même manière.
Un constat revient régulièrement sur le marché :
👉 les petits cabinets sont jugés sur leurs échecs, là où les grands sont jugés sur leurs succès.
Cette différence de perception a des conséquences très concrètes sur la façon dont chacun exerce son métier.
Les grands cabinets ne sont pas épargnés… mais protégés
Les grands cabinets de recrutement souffrent.
Comme presque tous les acteurs du marché aujourd’hui.
La pression est forte, les entreprises recrutent avec prudence, les délais s’allongent, les exigences augmentent.
Mais une question mérite d’être posée :
Que se passerait-il pour eux sans leurs accords-cadres avec les grands groupes ?
Ces accords leur garantissent, le plus souvent, un niveau d’activité relativement stable, indépendamment de la qualité réelle des recrutements menés.
Qu’ils soient bons… ou mauvais.
Dans ce cadre, un échec est absorbé.
Il se dilue dans le volume global.
Les autres cabinets n’ont pas ce luxe
Pour tous les autres cabinets – les plus petits, les indépendants, les structures spécialisées – la réalité est tout autre.
👉 Ils sont condamnés à aller chercher leurs clients un par un,
👉 dans un marché saturé,
👉 où chaque entreprise qui recrute est sollicitée en permanence par une multitude de recruteurs.
Mais surtout, ils sont condamnés à être excellents.
L’erreur n’est pas permise
Dans ces structures, la moindre erreur pèse lourd.
Dès qu’un recrutement n’aboutit pas,
dès qu’il y a une erreur de casting,
le cabinet bascule très vite dans la catégorie des « mauvais ».
Peu importe qu’il ait réussi plusieurs recrutements auparavant.
Peu importe la complexité du poste ou le contexte.
👉 Un échec peut suffire à mettre fin à une relation client.
Là où l’on excuse plus facilement l’erreur d’un grand acteur,
on tolère beaucoup moins celle d’un petit.
Un paradoxe du marché du recrutement
Prenons un exemple simple.
Un cabinet peut afficher près de 8 recrutements aboutis sur 10,
ce qui constitue un taux tout à fait correct sur le marché.
Et pourtant.
👉 Un seul non-aboutissement peut suffire à rompre la collaboration.
Ce paradoxe dit beaucoup de la façon dont le recrutement est perçu :
on attend des petits cabinets une forme de perfection,
là où l’on accepte l’imperfection des grands.
Ce que cela révèle, en creux
Cette réalité n’est pas qu’une question de taille.
Elle pose aussi la question de la valeur accordée :
- à l’expertise réelle,
- à l’engagement,
- au travail de fond,
- et à la responsabilité partagée dans un recrutement.
Car un recrutement n’est jamais une science exacte.
Mais tout le monde n’est pas jugé avec le même niveau d’exigence.
Conclusion
Sur le marché du recrutement :
- les grands cabinets sont jugés sur leurs succès,
- les petits cabinets sont jugés sur leurs échecs.
Ce n’est ni juste, ni équilibré,
mais c’est une réalité avec laquelle beaucoup doivent composer au quotidien.
Et peut-être aussi une bonne raison de regarder autrement
ceux qui n’ont pas le droit à l’erreur.



